Archives Mensuelles: novembre 2012

Carrie Mathison, l’observatrice arrosée.

Cet article comprend des éléments dévoilant l’intrigue de la saison 2 de Homeland.

« I’ll Fly Away » (Saison 2, épisode 8) nous a offert l’une des scènes les plus dérangeantes de l’histoire de la série Homeland, diffusée sur Showtime. Nous sommes dans un motel ordinaire, Carrie et Nicholas Brody s’y trouvent car il est nécessaire pour ce dernier de se cacher. »I’m more alone now than I was at the bottom of that hole in Iraq. » lance alors Brody. C’est à ce moment que Carrie trouve le meilleur des moyens de remédier à ce sentiment de solitude… Le seul problème étant que Carrie ignore être écoutée par l’ensemble du personnel de la CIA.

La scène est gênante, on ferme les yeux, on essaie de ne pas regarder l’écran, on cherche un moyen de fuir cette fausse réalité, un peu à l’image de Saul, désemparé, résigné à devoir écouter chaque minute de l’ébat de sa collègue et amie. La gêne est exacerbée par l’idée que nous, spectateurs, sommes de trop. Notre place n’est pas ici. Ce n’est pas notre travail de spectateur que de suivre cette partie de l’intrigue. La série le comprend et préfère nous montrer les bureaux de la CIA, tout en nous laissant entendre ce qui se passe à des kilomètres de là.

Ce qui relève du génie, et qui montre à quel point les scénaristes de la série ont tenté de maintenir une logique quasi-absolue dans le déroulement de la série, est ce sentiment de déjà-vu. Tout fan de la série de Showtime se souviendra aisément des heures que Carrie a passé à observer Brody chez lui pendant la première moitié de la saison 1.  Cette nécessité d’observer passait elle-aussi par le visionnage des ébats pour le moins douloureux qu’entretenait Brody avec son épouse les premiers jours de son retour aux Etats-Unis.

Ce retournement de situation nous rappelle la douleur qu’avait ressentie Carrie quand l’arrêt de l’espionnage du sergent lui avait été imposé. Cette fois, la caméra décide d’empêcher aux spectateurs d’observer l’intimité des deux protagonistes. Le spectateur devient Carrie, il est gêné, mais garde en lui ce sentiment qu’il doit savoir, qu’il soit connaitre la vérité car cette vérité est la clef, mais surtout la réponse. On ne se demande plus ici si Brody est un terroriste mais si Carrie est toujours bel et bien amoureuse de ce dernier.

 

La mort de Miss Grimes.

Cet article contient des éléments dévoilant l’intrigue de la série The Walking Dad. (et de la bande-dessinée, aussi)

« Killer Within » (saison 3, épisode 4), diffusé le 4 novembre dernier sur AMC, a donc pour conclusion la mort (terrible) de Lori Grimes, femme de Rick, personnage principal du show. Si les scénaristes ont souhaité se rapprocher de manière claire de la bédé (ce que confirme l’épisode suivant), le résultat n’en est pas pour autant des plus convaincants. La scène semble en effet avoir été crée dans le simple et premier but de choquer son spectateur.

Avoir gardé Shane Walsh vivant aussi longtemps relevait de l’exploit tant le personnage est anecdotique dans l’histoire originale. Fausse bonne idée ou non, les scénaristes avaient malgré tout  réussit à rendre sa disparition dérangeante. Beaucoup semblait ne pas comprendre comment l’équilibre du show allait être respecté sans Shane, son caractère rebelle étant le point central de la tension animant la seconde saison.

Un choix scénaristique qui semblait être un signe de respect envers les fans de la bédé, avides de fidélité aux personnages originaux. On ne peut pas en dire autant concernant le dernier épisode de Sarah Wayne Callies, interprète de Lori. Dans l’œuvre de Robert Kirkman, Lori survit jusqu’à ce que l’ensemble des personnages quittent la prison. Autant dire que l’espérance de (sur)vie du personnage était au départ bien supérieur au sort qui lui a été réservé. On s’interroge sur ce choix, pour le moins surprenant, de se débarrasser de l’un des personnages ayant été le plus développés la saison dernière.

La fin de l’épisode est morbide, choquante (presque trop) et n’a, d’une certaine manière, aucun sens. On reste perplexe quand aux raisons pour lesquelles la mère de Carl doit mourir d’une manière  tout à fait absurde en donnant naissance à son second enfant. La scène a de gênant qu’elle parait presque irréelle, tant la violence du décès de Lori est peu nécessaire. Le personnage aurait sans doute mérité un développement plus approfondi, une mort placée en fin de saison, une raison plus compréhensible et enfin une logique scénaristique.

Car c’est bien là le fond du problème: Il est évident que les scénaristes ont cherché absolument à choquer/étonner le téléspectateur en plaçant la mort de Lori quelque minutes après celle de l’un des autres personnages récurrents. Dans le making-of de l’épisode, les acteurs en font eux-même une des raisons pour lesquelles le personnage meurt aussi tôt dans cette troisième saison.

Il aurait sans doute été utile de s’attarder sur d’autres personnages, qui restent psychologiquement vides, que de disserter sur le conflit habitant Miss Grimes pendant deux saisons si la mort de cette dernière ne devient qu’une ficelle scénaristique ridicule et commerciale. Une erreur qui a au moins eu l’avantage d’éliminer l’un des personnages les plus insupportables de l’ensemble de la télévision américaine.

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Jules’ show: Pilot.

Une histoire sans scénario. Voilà comment décrire le contenu de ce blog. Une histoire qui n’a pas vraiment de début (sauf peut-être cet article) et pas vraiment de fin, non plus. Une histoire qui parlera d’histoires, des plus récentes au plus anciennes, des plus drôles au plus tristes, des plus publiques au plus câblées. Une histoire qui s’attardera sur le ressentie, sur les émotions, sur l’effet des séries télévisées diffusées ici mais surtout ailleurs. (mais pas seulement, enfin espérons le…)

Une histoire qui commence ce soir, sans début, sans fin, mais avec une envie de coucher sur clavier des idées trop longtemps gardées dans l’esprit (et le cœur, aussi.)

Bonne lecture et merci!