Carrie Mathison, l’observatrice arrosée.

Cet article comprend des éléments dévoilant l’intrigue de la saison 2 de Homeland.

« I’ll Fly Away » (Saison 2, épisode 8) nous a offert l’une des scènes les plus dérangeantes de l’histoire de la série Homeland, diffusée sur Showtime. Nous sommes dans un motel ordinaire, Carrie et Nicholas Brody s’y trouvent car il est nécessaire pour ce dernier de se cacher. »I’m more alone now than I was at the bottom of that hole in Iraq. » lance alors Brody. C’est à ce moment que Carrie trouve le meilleur des moyens de remédier à ce sentiment de solitude… Le seul problème étant que Carrie ignore être écoutée par l’ensemble du personnel de la CIA.

La scène est gênante, on ferme les yeux, on essaie de ne pas regarder l’écran, on cherche un moyen de fuir cette fausse réalité, un peu à l’image de Saul, désemparé, résigné à devoir écouter chaque minute de l’ébat de sa collègue et amie. La gêne est exacerbée par l’idée que nous, spectateurs, sommes de trop. Notre place n’est pas ici. Ce n’est pas notre travail de spectateur que de suivre cette partie de l’intrigue. La série le comprend et préfère nous montrer les bureaux de la CIA, tout en nous laissant entendre ce qui se passe à des kilomètres de là.

Ce qui relève du génie, et qui montre à quel point les scénaristes de la série ont tenté de maintenir une logique quasi-absolue dans le déroulement de la série, est ce sentiment de déjà-vu. Tout fan de la série de Showtime se souviendra aisément des heures que Carrie a passé à observer Brody chez lui pendant la première moitié de la saison 1.  Cette nécessité d’observer passait elle-aussi par le visionnage des ébats pour le moins douloureux qu’entretenait Brody avec son épouse les premiers jours de son retour aux Etats-Unis.

Ce retournement de situation nous rappelle la douleur qu’avait ressentie Carrie quand l’arrêt de l’espionnage du sergent lui avait été imposé. Cette fois, la caméra décide d’empêcher aux spectateurs d’observer l’intimité des deux protagonistes. Le spectateur devient Carrie, il est gêné, mais garde en lui ce sentiment qu’il doit savoir, qu’il soit connaitre la vérité car cette vérité est la clef, mais surtout la réponse. On ne se demande plus ici si Brody est un terroriste mais si Carrie est toujours bel et bien amoureuse de ce dernier.

 

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